PPLIX WARE 4.2


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Une suite bureautique étonnante pour linux !


Entrée en matière

La bureautique est, comme vous le savez surement, un point faible du monde Unix. Les outils sont soit peu conviviaux et réservés à des spécialistes (le très puissant TeX - turing complet ;-) ou alors quasiment hors de prix pour le particulier. Mais Linux n'est pas Unix ou plutot : les utilisateurs de linux ne sont pas les utilisateurs habituels des systèmes Unix (du moins pas tous), il y a donc un marché pour les produits bureautiques peu chers et performants et Applixware entre parfaitement dans cette catégorie.

Nous n'allons pas disserter trois heures sur l'installation, qui se passe sans trop de problème surtout si vous avez une distribution red-hat. Pour les autres (comme moi) qui carburent au .tgz, il y a un script d'install (et l'utilitaire rpm2cpio pour convertir le package rpm), et on arrive a installer applixware sans trop de bobos (à part la création d'un répertoire /opt à la racine !).

On en arrive au moment que vous attendez tous : le lancement du programme. Applixware est un intégré de bureautique, on utilise donc un seul exécutable (applix) et si tout se passe normalement, on voit apparaitre à l'écran (sous nos yeux ébahis) :

Le programme comporte donc 5 modules principaux (de gauche à droite) :

  • Traitement de texte
  • Dessin vectoriel et outil de présentation
  • Tableur
  • Lecteur de mails
  • Générateur d'applications (Builder)
  • On trouve aussi des fonctionnalités assez intéressantes :

  • Outil de génération de requètes SQL
  • Application d'aide puissante (tutoriels, aide contextuelle, aide complète)
  • Langage de macro-commande simple et centralisé (ELF : ne pas confondre avec le format binaire connu de tous)
  • Outil de création de pages HTML (via le traitement de texte)
  • Bibliothèque de cliparts (de moche à pas mal du tout, mais très nombreux)
  • Gestionnaire de polices (FontTastic de Gallium)
  • Editeur d'équations mathématiques
  • Il y a donc de quoi faire ! Avant d'entrer dans le vif du sujet, faisons un tour du coté de top pour savoir quel est le prix à payer pour une telle intégration d'outils. Essayer de rester assis bien gentiment et lisez ce que me retourne top :


    37 processes: 34 sleeping, 3 running, 0 zombie, 0 stopped

    CPU states: 15.9% user, 1.3% system, 0.0% nice, 83.0% idle

    Mem: 38948K av, 38304K used, 644K free, 26976K shrd, 652K buff

    Swap: 42332K av, 0K used, 42332K free 14608K cached

    PID USER PRI NI SIZE RES SHRD STAT %CPU %MEM TIME COMMAND

    970 pesch 1 0 19820 11704 6292 S 0.1 30.0 0:19 /usr/local/lib/applix


    Près de 20Mo pour le processus ! Mais avant de sauter au plafond, n'oubliez pas que linux est d'une efficacité redoutable en ce qui concerne le souape (il faudrait proposer ce mot à l'académie Française ;-). Ceci dit, comme il n'y a qu'un seul exécutable, on peut ouvrir de nombreux modules différents en meme temps sans trop augmenter les ressources utilisées. Je suis un partisan du multi-processing mais il faut avouer qu'une fois chargé, applixware est efficace en terme de performance (sauf dans l'affichage).


    Applixword : le traitement de texte

    Le premier module que beaucoup de gens attendent est le traitement de texte. Cet outil est vraiment central dans applixware et on sent bien que la plupart des efforts de développements ont été fournis sur ce module très puissant. Tout d'abord, voyons de quoi il a l'air :

    La première partie de la fenetre est occupée par la traditionnelle barre des menus. On remarque cependant le menu spécial * situé à gauche. Ce menu permet de rapidement lancer une autre application d'applixware (modules de base, outil d'aide, personnalisation, etc.). Les autres menus sont assez standards meme s'il faut parfois tatonner un peu pour trouver telle ou telle fonctionnalité. On a aussi droit à une barre d'icones toujours très pratique.

    Outre les fonctionnalités de base des traitements de texte courants, signalons la possibilité d'intégrer des documents avec liens de tous les autres modules d'applixware ainsi qu'avec des fichiers de formats diverses (du son, des images, etc.). On peut aussi placer des documents directements dans le texte (style OLE2 mais qui marche !) comme par exemple des équations.

    La frappe est assez agréable, meme en mode Français (correction orthographique dans notre langue !), sauf que certaines touchent comme ALT émettent un bip des plus genants (c'est désactivable). On peut aisément taper des textes assez long avec de nombreux liens sans pour autant etre obligé d'aller prendre un café à chaque clique de souris (attention, le test a quand meme été effectué sur un P150 avec 40Mb de ram ...).

    En bref, il y a tout dans ce traitement de texte pour rendre n'importe quel "mordu du clavier qui tape au kilomètre" tout à fait heureux. Il n'y a pas de fonctionnalités superflues et tout ce qui compose un traitement de texte puissant est là !

    N'oublions pas la gestion des cadres (frames), indispensable pour la réalisation de mises en page simples.


    Applix spreadsheet : le tableur

    La partie tableur d'applixware est moins impressionnante que son homologue traitement de texte mais comme pour ce dernier, il y a tout ce qu'il faut ici pour travailler efficacement.

    Vous ne vous retrouverez pas devant un clone d'Exel (seul produit micro$oft homologué "utilisable") en nombre de fonctionnalités mais on peut citer au chapitre des originalités : l'aquisition de données en temps réel, la gestion multi-feuilles par onglets ou encore la gestion de bases de données (réduites ou en conjonction avec une base plus puissante via applixdata).


    Applix Graphics : le module de dessin vectoriel

    Pour terminer notre tour d'horizon des trois principaux modules de la suite bureautique applixware, voici de quoi rajouter des images vectorielles à nos documents.

    Ce module est tout à fait puissant mais souffre d'un problème d'affichage qui rend parfois pénible son utilisation. Les remplissages sont souvent approximatifs mais la version imprimée des documents est toujours de très bonne qualité.

    Voici à quoi ressemble ce module :

    Les outils de dessins sont standards et il est très facile de réaliser des dessins intéressants rapidement.

    Les graphes générés par le tableur sont éditables dans ce module, c'est une caractéristique très sympathique.

    Il n'y a pas de fonctions étendues comme on pourrait en trouver dans corel draw ou illustrator mais les fonctionnalités proposées suffisent dans 90% des cas (réalisation de documents complexes mais pas de la PAO professionnelle quand meme !).

    Ce module permet aussi la réalisation de présentations (enchainement de diapositives), mais ce n'est pas une tache évidente (entendez par-la qu'en 5 minute, on n'a pas le temps d'obtenir quelque chose de probant, mais les fonctionnalités sont là !).


    Les autres modules

    Le lecteur de mail est assez sympathique, tout a fait fonctionnel. Il est à peu près comparable à xmh mais dans une version un peu plus esthétique.

    L'application builder semble très puissant mais il n'est pas présent dans la version étudiant d'applixware (la plus intéressante au niveau prix).

    Nous n'avons pas essayé applix data (requetes SQL) mais il semble intéressant (surtout utilisé en conjonction avec le tableur ou comme élément d'un application construite avec le builder).

    L'aide en ligne est assez bien faite mais il manque une référence du langage de macro (ELF) et l'outil de consultation est un peu lent mais les explications sont concises et souvent claires (mais en Anglais). Il y a l'outil simple de navigation hyper-texte, les online-books (livres en ligne) et les tutoriels, il y a donc de quoi apprendre.


    L'interface utilisateur

    Le fait de proposer tous ces outils dans un seul et meme processus renforce la cohésion de l'ensemble : les menus sont cohérents d'une application à l'autre, le look et l'utilisation est proche. En général, sans trop regarder la doc, on arrive facilement à se débrouiller et réaliser des documents complexes. Certains choix sont contestables comme le undo en tant que première option du menu contextuel affiché après un click sur le bouton droit de la souris (si vous cliquez rapidement sur le bouton droit, cela fera un undo, ce qui peut etre genant).

    La gestion du clavier est excellente (à part un système de bip vraiment énervant) : le xmodmap est bien reconnu et s'il vous manque un accent, il y a une fenetre "special characters".

    Un point vraiment positif : toutes les boites de dialogues disposent d'un bouton apply qui permet d'appliquer une modification à un document sans quitter la boite de dialogue. Ainsi on peut se composer une petite palette d'outils forts pratiques (17" ou plus recommandé !).


    Les objets liés

    La communication entre les différents modules est excellente : on peut créer des documents complexes de manière très simple et toutes les modifications éventuelles des objets intégrés dans le document sont automatiquement répercutées. Il existe deux types d'objets liés différents :

  • Les objets liés externes (linked objects)
  • Les objets intégrés (embedded objects)
  • Un objet externe est en fait un fichier (de nombreux formats sont reconnus) et toute modification de ce fichier se répercute automatiquement dans le document.

    Les objets intégrés sont plus puissants : ce ne sont pas des fichiers externes mais des objets créés avec un des modules applixware, toute modification d'un de ces objets se traduit automatiquement par une recomposition du document qui l'intègre.

    Par exemple, si vous incorporez un objet graphique (applix graphics) dans un document texte (applix word), en double-cliquant sur l'objet, vous pouvez l'éditer et le modifier et en choisissant l'option save, reporter les modifications dans le document texte.

    On utilisera ce type d'objet pour les petites figures car pour les dessins volumineux, il vaut mieux avoir un fichier séparé.

    Pour l'instant, vous ne devez pas trouver tout ça bien étonnant, des liens entre les documents, mais si je vous dis que quoique vous fassiez, il est pratiquement impossible de planter le programme, je pense que vous devez commencer à etre intéressés (pour ceux qui travaillent avec un certain Office) : applixware est extremement stable. Ce n'est pas étonnant puisque c'est une caractéristique commune des logiciels Unix et qu'applixware existe depuis pas mal de temps sur d'autres systèmes comme Solaris, HpUX, etc...

    Le prix à payer de cette stabilité étonnante est une certaine lenteur dans les affichages surement due à la librairie d'interface utilisée (on dirait du Qt).


    La customisation

    Un petit reproche encore ... Certes, on peut spécifier la plupart des paramètres du programme à l'aide de boites de dialogue assez explicites mais il est un petit peu dommage, pour un outil Unix, qu'il ne soit pas un petit peu mieux intégré à X-Window. Impossible de lancer un petit Editres pour spécifier les ressources des widgets. Quand on connait le système des ressources, on trouve toujours un peu dommage de devoir s'en passer mais le programme est quand meme assez configurable (au niveau visuel, rien d'extraordinaire tout de meme).


    Les formats de fichier

    Applixware travaille avec un format de fichier propriétaire mais dans la grande tradition des formats Unix, très ouvert et codé en ASCII. Il apparait très facile de faire des outils compatibles avec les formats de fichier d'applixware et c'est un très bon point.

    Au niveau des imports, les filtres pour les traitements de texte les plus connus sont là mais ne demandez pas la lune et les mises en page complexes auront du mal à faire le voyage (les liens posent problèmes). Pour l'export, c'est un peu plus problématique (il semblerait qu'il manque quelques fichiers) mais pour le texte, il n'y a pas de problème (et red hat propose une assistance aux acheteurs d'applix).


    Applixware ou pas ?

    On n'a pas l'habitude d'acheter des logiciels sous Linux, tellement les free software sont nombreux est puissants et meme la bureautique n'échappe pas à ce phénomène. Le traitement de texte SciText commence à ressembler à quelque chose, LyX progresse, XWord semble prometteur, etc... Mais s'il faut soutenir le free software, il faut aussi savoir apprécier les produits commerciaux à leur juste valeur et applixware est un très bon programme. La version étudiante est en plus proposée à un prix vraiment linuxien (79$ pour une suite bureautique !).

    Ceux qui en ont marre de retourner sous win/do$ pour la bureautique peuvent se jeter sur applixware les yeux fermés, c'est un outil vraiment professionnel.

    Certains bugs genants devraient disparaitrent rapidement mais d'autres suites bureautiques pointent le bout de leur nez sous linux. En fait, Caldera propose déjà une très bonne suite bureautique, moins intégrée et plus chère (en version étudiant) qu'applixware mais avec des outils indépendemment plus puissants. StarOffice est en phase finale de développement et semble aussi très intéressante, elle sera de plus gratuite pour une utilisation non commerciale.

    Bref, la bureautique sous linux n'est plus un problème !


    Plus d'infos ...

    Applixware version Linux est distribuée par Red Hat, allez sur le site de Red Hat : http://www.redhat.com pour plus d'infos...

    En France, on peut trouver Applixware à un prix raisonnable auprès de la société Les logiciels du soleil (http://www.linux-kheops.com) qui nous a aimablement preté la version du test.


    Fred PESCH