Certains diront que l'on doit réserver pour le swap deux fois la taille de sa mémoire physique, mais c'est une règle propre à certains systèmes de la famille BSD, elle ne s'applique pas à Linux. Voici comment faire cela proprement :
On estime la mémoire totale dont on a besoin. C'est la plus grande taille de mémoire dont on aura besoin à un moment donné, c'est à dire la somme de la mémoire nécessaire pour tous les programmes que l'on veut lancer en même temps. Le calcul peut être fait en lançant tous ces programmes au même moment.
Par exemple, si on veut lancer X, on doit lui réserver à peu près 8 Mo, gcc nécessite plusieurs Mo (quelques fichiers nécessitent un montant inhabituellement gros, jusqu'à des dizaines de Mo, mais en général 4 suffisent), etc. Le noyau utilisera à peu près un Mo et les shells usuels et autres petits utilitaires peut être une centaine de Ko (disons un Mo pour le tout). On n'a pas besoin d'être exact, des estimations grossières suffisent mais on peut vouloir être pessimiste. On se rappellera que si plusieurs personnes doivent utiliser le système en même temps, ils consommeront tous de la mémoire. Cependant, si deux utilisateurs exécutent le même programme au même moment, le total de la mémoire consommée n'est généralement pas le double car les pages de code et les bibliothèques partagées n'existent qu'en un seul exemplaire. Les commandes free et ps sont utiles pour estimer les besoins en mémoire.
On ajoute une marge de sécurité par rapport à l'estimation de l'étape 1. Ceci est dû au fait que les estimations des tailles des programmes sont probablement fausses car on aura sûrement oublié quelques programmes ; ainsi, on est sûr que l'on aura de l'espace supplémentaire juste au cas où. Quelques Mo feront l'affaire. (Il est préférable de réserver trop plutôt que pas assez d'espace de swap, mais il ne faut pas trop en faire et réserver tout le disque car l'espace de swap inutilisé est un espace gaspillé ; voir plus haut comment ajouter du swap). De plus, comme il est plus agréable de travailler avec des nombres ronds, on peut arrondir la valeur au Mo supérieur.
En fonction des calculs ci-dessus, on sait la mémoire totale dont on a besoin. Donc, pour réserver l'espace de swap, on n'a plus qu'à soustraire la taille de la mémoire physique de la taille totale pour connaître la taille de l'espace de swap nécessaire. (Sur certaines versions d'UNIX, on doit allouer l'espace aussi pour une image de la mémoire physique, par conséquent on utilise la quantité calculée à l'étape 2 et on ne fait pas la soustraction).
Si l'espace de swap calculé est beaucoup plus grand que la mémoire physique (plus que deux fois plus grand), il est préférable d'investir dans de la mémoire, sinon les performances seront trop faibles.
L'espace de swap peut être divisé entre plusieurs disques. Ceci peut quelques fois accroître les performances selon les vitesses relatives des disques et les méthodes d'accès de ceux-ci. On doit tester plusieurs combinaisons, mais réaliser ces expériences est plutôt difficile et il ne faut pas croire qu'une configuration donnée est meilleure qu'une autre car ce n'est pas toujours vrai.