La méthode de sauvegarde simple décrite dans la section précédente est, la plupart du temps, adaptée à une utilisation personnelle ou pour de petits sites. Pour une utilisation plus intensive, les sauvegardes multi-niveaux sont plus appropriées.
La méthode simple a deux niveaux de sauvegarde : sauvegardes complète et incrémentale. Ceci peut se généraliser à un nombre quelconque de niveaux. Une sauvegarde complète serait de niveau 0, et les différents niveaux des sauvegardes incrémentales seraient de niveaux 1, 2, 3, ... À chaque niveau de sauvegarde incrémentale, on sauvegarde tout ce qui a changé depuis la sauvegarde précédente de niveau égal ou inférieur.
La raison de cette façon de faire est qu'elle permet facilement un historique des sauvegardes plus long. Dans l'exemple de la section précédente, l'historique des sauvegardes remonte à la sauvegarde complète précédente. On peut l'étendre en ayant plusieurs bandes, mais uniquement une semaine par nouvelle bande, ce qui peut s'avérer trop coûteux. Un historique des sauvegardes plus long est utile car les fichiers détruits ou abîmés ne sont souvent pas remarqués tout de suite. Même une version d'un fichier qui n'est pas très à jour est préférable à pas de fichier du tout.
Avec de multiples niveaux, l'historique des sauvegardes peut être étendu de façon peu coûteuse. Par exemple, si l'on achète dix bandes, on peut utiliser les bandes 1 et 2 pour les sauvegardes mensuelles (premier vendredi de chaque mois), les bandes 3 à 6 pour les sauvegardes hebdomadaires (autres vendredi ; on notera qu'il peut y avoir cinq vendredi dans un mois, on a donc besoin de 4 bandes), et les bandes 7 à 10 pour les sauvegardes journalières (lundi à jeudi). Avec seulement quatre bandes de plus, on a pu étendre l'historique des sauvegardes de deux semaines (après que toutes les bandes journalières aient été utilisées) à deux mois. Il est vrai que l'on ne peut restaurer chaque version de chaque fichier pendant ces deux mois, mais ce que l'on peut récupérer est souvent suffisant.
La figure 9.1 montre quel est le niveau de sauvegarde utilisé chaque jour, et les sauvegardes qui peuvent être restaurées à partir de la fin du mois.
Les niveaux de sauvegarde peuvent aussi être utilisés pour minimiser le temps de restauration d'un système de fichiers. Si l'on a plusieurs sauvegardes incrémentales avec des numéros de niveaux croissant de façon monotone, on doit tous les restaurer si l'on veut reconstruire l'ensemble du système de fichiers. Au lieu de ça, on peut utiliser des numéros de niveaux qui ne sont pas monotones et diminuer le nombre de sauvegardes à restaurer.
Pour minimiser le nombre de bandes nécessaires à la restauration, on peut utiliser un niveau plus bas pour chaque bande incrémentale. Cependant, le temps consacré aux sauvegardes augmente alors (chaque sauvegarde copie tout depuis la dernière sauvegarde complète). Un procédé plus efficace est suggéré dans les pages du manuel en ligne de dump et décrit par le tableau 9.2. On utilise la succession des niveaux de sauvegarde suivante : 3, 2, 5, 4, 7, 6, 9, 8, 9... Ceci réduit les temps de sauvegarde et de restauration. Le plus que l'on ait à sauvegarder est deux jours de travail. Le nombre de bandes pour une restauration dépend du temps écoulé entre deux sauvegardes complètes, mais c'est moins que dans le cas des procédés simples.
Un procédé exotique peut réduire le travail nécessaire, mais cela signifie qu'il y a d'avantage de conventions à mémoriser. On doit décider si le jeu en vaut la peine.
dump possède un support intégré des niveaux de sauvegarde. En ce qui concerne tar et cpio ces niveaux doivent être implantés par des scripts shells.