Avec Red Hat Linux, toutes les communications réseau se font entre des interfaces et les périphériques réseau connectés au système, configurés de façon spécifique, et utilisant au minimum un protocole pour échanger des données avec d'autres systèmes. Les différents types d'interfaces sont aussi divers que les périphériques qu'elles prennent en charge.
Les fichiers de configuration permettant d'activer et de désactiver les interfaces réseau et les scripts se situent dans le répertoire /etc/sysconfig/network-scripts. Même si certains fichiers d'interface peuvent différer d'un système à l'autre en fonction de l'utilisation, les trois types de fichiers existant dans ce répertoire, les fichiers de configuration d'interface, les scripts de contrôle d'interface et les fichiers de fonctionnement réseau, permettent d'activer Red Hat Linux pour utiliser les divers périphériques réseau disponibles.
Dans ce chapitre, nous allons explorer la relation entre ces fichiers et différentes options d'utilisation.
Les fichiers de configuration d'interface contrôlent le fonctionnement d'un périphérique d'interface réseau particulier. Lorsque votre système Red Hat Linux démarre, il utilise ces fichiers pour savoir quelles interfaces il doit afficher automatiquement et comment les configurer. Ces fichiers sont en général nommés ifcfg-<périphérique>, <périphérique> se rapportant au nom du périphérique contrôlé par le fichier de configuration.
ifcfg-eth0 constitue l'un des fichiers d'interface les plus communs ; il contrôle la première carte d'interface réseau, ou NIC dans le système. Dans un système comportant plusieurs cartes, il y aura plusieurs fichiers ifcfg-eth, avec un numéro à la fin du nom de chaque fichier. Etant donné que chaque périphérique a son propre fichier de configuration, vous disposez d'un contrôle étendu sur le fonctionnement de chaque interface.
Un fichier ifcfg-eth0 pour un système utilisant une adresse IP fixe ressemble à ce qui suit :
DEVICE=eth0 BOOTPROTO=none ONBOOT=yes BROADCAST=10.0.1.255 NETWORK=10.0.1.0 NETMASK=255.255.255.0 IPADDR=10.0.1.27 USERCTL=no |
Les valeurs requises dans un fichier de configuration d'interface peuvent changer en fonction d'autres valeurs. Par exemple, le fichier ifcfg-eth0 pour une interface utilisant DHCP est légèrement différent, car les informations IP sont fournies par le serveur DHCP dans ce cas :
DEVICE=eth0 BOOTPROTO=dhcp ONBOOT=yes |
En général, vous utiliserez un utilitaire graphique, comme Network Configurator (redhat-config-network) ou netconfig pour procéder à des modifications des divers fichiers de configuration d'interface. Reportez-vous au Guide de personnalisation officiel Red Hat Linux pour obtenir des instructions sur l'utilisation de ces outils.
Vous pouvez aussi éditer manuellement le fichier de configuration pour une interface réseau donnée. Vous trouverez ci-dessous une liste de paramètres que l'on configure communément dans un fichier de configuration réseau.
Au sein de chacun des fichiers de configuration d'interface, les valeurs suivantes sont communes :
BOOTPROTO=<protocole>, <protocole> correspondant à l'une des valeurs suivantes :
none — Aucun protocole de démarrage à utiliser.
bootp — Le protocole BOOTP doit être utilisé.
dhcp — Le protocole DHCP doit être utilisé.
BROADCAST=<adresse>, <adresse> correspondant à l'adresse de diffusion.
DEVICE=<nom>, <nom> correspondant au nom du périphérique physique (à l'exception des périphériques PPP à affectation dynamique, où il s'agit du nom logique).
IPADDR=<adresse>, <adresse> correspondant à l'adresse IP.
NETMASK=<masque>, <masque> correspondant à la valeur de masque de réseau.
NETWORK=<adresse>, <adresse> correspondant à l'adresse du réseau.
ONBOOT=<réponse>, <réponse> correspondant à l'une des valeurs suivantes :
yes — Ce périphérique doit être activé au démarrage.
no — Ce périphérique ne doit pas être activé au démarrage.
USERCTL=<réponse>, <réponse> correspondant à l'une des valeurs suivantes :
true — Les utilisateurs ne faisant pas partie de la base sont autorisés à contrôler ce périphérique.
false — Les utilisateurs ne faisant pas partie de la base ne sont pas autorisés à contrôler ce périphérique.
Parmi les autres fichiers de configuration d'interface communs utilisant ces options : ifcfg-lo, qui contrôle le périphérique de boucle local du protocole IP, ifcfg-irlan0, qui règle les paramètres du premier périphérique infrarouge, ifcfg-plip0, qui contrôle le premier périphérique PLIP, et ifcfg-tr0, utilisé avec le premier périphérique à anneau à jeton.
Une interface de boucle locale est fréquemment utilisée pour les tests, ainsi que pour diverses applications nécessitant une adresse IP désignant le mê,me système. Les données envoyées au périphérique de boucle sont immédiatement renvoyées à la couche de réseau de l'hô,te.
L'interface infrarouge permet l'échange d'informations entre périphériques, comme par exemple entre un ordinateur portable et une imprimante, par l'intermédiaire d'une liaison infrarouge, fonctionnant comme un périphérique Ethernet, à la différence près que la connexion utilisée est en général une liaison d'égal à égal.
Une connexion à protocole d'interface ligne parallèle (PLIP) fonctionne de la même façon, mais utilise un port parallèle.
Les topologies à anneau à jeton ne sont plus aussi communes sur les réseaux LAN qu'elles ne l'étaient ; elles ont été doublées par Ethernet.
Si vous vous connectez à un réseau comme l'Internet par l'intermédiaire d'une connexion commutée PPP, il vous faut un fichier de configuration pour cette interface.
Ce fichier est créé automatiquement pour vous lorsque vous utilisez RP3 ou Kppp pour créer un compte de numérotation. De plus, tous changements dans les réglages de compte de numérotation est inscrit dans ces fichiers de configuration d'interface. Le Guide de démarrage officiel Red Hat Linux contient des instructions pour l'utilisation de ces outils graphiques de connexion basée sur un modem par numérotation. Vous pouvez aussi créér et éditer ce fichier manuellement. Un fichier ifcfg-ppp0 ressemble à ce qui suit :
DEVICE=ppp0 NAME=test WVDIALSECT=test MODEMPORT=/dev/modem LINESPEED=115200 PAPNAME=test USERCTL=true ONBOOT=no PERSIST=no DEFROUTE=yes PEERDNS=yes DEMAND=no IDLETIMEOUT=600 |
Le protocole Internet ligne série (SLIP) constitue une autre interface de connexion commutée, même s'il est moins fréquemment utilisé. Les fichiers SLIP ont des noms de fichiers de configuration d'interface ressemblant à ifcfg-sl0.
Parmi les options dont nous n'avons pas encore parlé, et qui peuvent être utilisées dans ces fichiers :
DEFROUTE=<réponse>, <réponse> correspondant à l'une des valeurs suivantes :
yes — Cette interface est configurée comme itinéraire par défaut.
no — Cette interface n'est pas configurée comme itinéraire par défaut.
DEMAND=<réponse>, <réponse> correspondant à l'une des valeurs suivantes :
yes — Cette interface permettra à pppd d'initialiser une connexion quand quelqu'un essaiera de l'utiliser.
no — Une connexion doit être établie manuellement pour cette interface.
IDLETIMEOUT=<valeur>, <valeur> correspond au nombre de secondes d'inactivité déclenchant la déconnexion de l'interface.
INITSTRING=<chaîne>, <chaîne> correspondant à la chaîne initiale transférée au modem. Cette option est principalement utilisée avec les interfaces SLIP .
LINESPEED=<valeur>, <valeur> correspondant au débit en bauds du périphérique. Parmi les valeurs standards possibles : 57600, 38400, 19200 et 9600, entre autres.
MODEMPORT=<périphérique>, <périphérique> correspondant au nom du périphérique (un modem en général) utilisé pour établir la connexion pour l'interface.
MTU=<valeur>, <valeur> correspondant au paramètre d'unité de transfert maximum (MTU) pour l'interface. MTU correspond au nombre maximal d'octets de données qu'un cadre peut comporter, sans compter les informations en-tête et en-queue. Dans certaines situations de connexion commutée, si vous réglez ce paramètre sur 576, le nombre de paquets éliminés sera moins important et le débit de connexion légèrement amélioré.
NAME=<nom>, <nom> correspondant à la référence au titre donné à un ensemble de configurations de connexion commutée.
PAPNAME=<nom>, <nom> correspondant au nom d'utilisateur donné durant l'échange de protocole d'authentification du mot de passe (PAP) suite auquel vous pouvez vous connecter à un système à distance.
PEERDNS=<réponse>, <réponse> correspondant à l'une des valeurs suivantes :
yes — Cette interface modifiera les entrées /etc/resolv.conf de votre système pour utiliser les serveurs DNS fournis par le système à distance lorsqu'une connexion est établie.
no — Le fichier /etc/resolv.conf ne sera pas modifié.
PERSIST=<réponse>, <réponse> correspondant à l'une des valeurs suivantes :
yes — Cette interface doit rester active en permanence, même si elle est désactivée lorsqu'un modem raccroche.
no — Cette interface ne doit pas rester active en permanence.
REMIP=<adresse>, <adresse> correspondant à l'adresse IP du système à distance. Cette valeur n'est en général pas spécifiée.
WVDIALSECT=<nom>, <nom> associant cette interface à une configuration de composeur dans /etc/wvdial.conf, contenant le numéro de téléphone à composer et d'autres informations importantes pour l'interface.
Il existe deux types de fichiers de configuration d'interface moins utilisés et se trouvant dans /etc/sysconfig/network-scripts : les fichiers alias et clone, incluant un composant supplémentaire dans le nom du fichier.
Le format du nom des fichiers de configuration d'interface alias correspond à ifcfg-<if-nom>:<valeur-alias>. Ces fichiers permettent à un alias de désigner une interface. Par exemple, un fichier ifcfg-eth0:0 peut être configuré pour spécifier DEVICE=eth0:0 et une adresse IP statique de 10.0.0.2, servant donc d'alias pour une interface Ethernet déjà configurée pour recevoir ses informations IP via DHCP dans ifcfg-eth0. A ce point, le périphérique eth0 est lié à une adresse IP dynamique, mais il est toujours possible d'y faire référence sur ce système via l'adresse IP fixe 10.0.0.2.
Le nom d'un fichier de configuration d'interface clone ressemble à ifcfg-<if-nom>-<nom-clone>. Alors qu'un fichier alias permet de faire référence à un fichier de configuration d'interface existant, un fichier clone permet de spécifier des options complémentaires pour une interface. Par exemple, si vous avez une interface Ethernet DHCP standard appelée eth0, le fichier pourrait ressembler à :
DEVICE=eth0 ONBOOT=yes BOOTPROTO=dhcp |
Puisque USERCTL n'est pas réglé sur yes, les utilisateurs ne peuvent pas mettre cette interface en fonction ou hors service. Pour leur permettre de le faire, créez un clone appelé user à partir de ifcfg-eth0, permettant à un utilisateur de mettre l'interface eth0 en fonction et hors service. Le nom du clone serait donc ifcfg-eth0-user et ne nécessiterait qu'une ligne :
USERCTL=yes |
Lorsqu'un utilisateur met en fonction l'interface eth0 avec la commande ifup eth0-user, à la fois les options de configuration de ifcfg-eth0 et de ifcfg-eth0-user sont utilisées. Ceci est un exemple basique, mais cette méthode peut être utilisée avec diverses options et interfaces.
La méthode la plus simple pour la création de fichiers de configuration d'interface alias et clone consiste à utiliser l'outil graphique Network Configurator (redhat-config-network).
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