Par Ron Jenkins.
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Bien, nous voici prêts à commencer la troisième partie de la série, mise en place des fonctions de base de mise en réseau et connexion de votre machine Linux au monde extérieur. Comme pour chaque partie de cette série, il y aura quelques opérations qui, exigées par une distribution, le sont ou ne le sont pas par une autre. Comme toujours, je traiterai des particularités quand cela sera nécessaire.
Dans cette partie, je traiterai les sujets suivants :
Je ne vais pas vous raser avec tous les détails désagréables de l'histoire d'Internet, comment il est né, etc. Cependant, il est nécessaire d'avoir une compréhension minimale des réseaux en général, et du Protocole de Contrôle de Transmission/Protocole Internet (TCP/IP) pour utiliser au mieux un réseau, et, par extension, l'Internet.
A leur niveau le plus fondamental, tous les réseaux ont besoin d'au moins trois choses pour fonctionner :
De la même manière qu'une personne ne parlant uniquement que le français aura beaucoup de mal à communiquer avec une autre ne parlant qu'anglais, (que chacun des deux parle fort ou lentement), deux réseaux très dissemblables seront incapables de communiquer sans un langage commun ou protocole.
A grands traits, en schématisant, dans le contexte d'internet, ce langage est TCP/IP. (Oui, je sais, en réalité cette communication se fait à travers une série de fonctions reposant étroitement sur le modèle OSI, mais, pour les besoins de ce document, admettons que TCP/IP soit le langage choisi.)
TCP/IP est basé sur une adresse numérique, appelée adresse IP. Je suis certain que vous avez tous vu quelque chose comme xxx.xxx.xxx.xxx, ou x est équivalent à une valeur numérique quelconque. Par exemple on pourrait avoir 204.252.102.2, sur le serveur de noms de domaines ou DNS (on donnera plus de détails plus loin ) chez un ISP ici, en ville.
"Mais, minute, je ne tape rien qui ressemble à ça. Je tape ce que l'on voit partout : w w w point machinchose point com (www.machinchose.com), et ça marche au poil. Qu'est-ce que c'est que cette histoire de nombre ?"
Ah, mon pote, c'est ici qu'intervient le DNS.
À travers un système de serveurs interconnectés, le système DNS fonctionne comme une pyramide sens dessus dessous.
En partant de votre DNS local, qui ne connaît que les machines de votre réseau local et qui sait comment parler à la machine de niveau supérieur s'il n'a pas l'information, et en continuant à remonter jusqu'à la partie la plus large de la pyramide, on trouve l'information pour tous les différents domaines maîtres ou "racines" (root) tels que .com, .net, .edu, ou .org. Une énorme base de données, constamment en changement, sur toute machine connectée à internet, est organisée, comparée et triée 24 heures sur 24.
Encore une fois, en simplifiant beaucoup, sur les serveurs DNS résident, dans quelque chose qui s'appelle "fichiers de zones", toutes les machines locales qui dépendent du serveur local sous forme d'enregistrements à deux entrées - une adresse IP et un nom de machine (hostname). Dans cet article votre nom de machine (hostname) sera testeur et votre domaine sera foober.net (il vous faudra remplacer cela par les informations que vous aurez obtenues de votre fournisseur d'accès à internet (ISP), comme je l'expliquerai plus loin). On appelle cela la résolution d'adresse, et cela explique comment fonctionne la transaction www.
Lorsqu'une requête est émise, ces merveilleuses petites machines transforment le nom de la machine à laquelle vous voulez accéder en une adresse IP si elle est sur votre réseau local, ou transmettent cette requête sur le réseau si elle n'en fait pas partie. C'est clair, nom ?
Pour les besoins de ce document, les trois composants pour installer votre réseau consistent en :
Par les temps qui courent, et avec la prolifération de tous les Tom, Dick et Harry qui lancent "le summum du fournisseur de service internet", je crois utile de donner les éléments suivants pour vous aider à choisir un ISP.
Je présenterai ces considérations sous forme de questions-réponses, en donnant des explications lorsque cela sera nécessaire. Ces choses sont TRÈS importantes à savoir si vous voulez avoir le maximum d'efficacité sur Internet.
Lorsque vous contacterez un éventuel ISP, initialement, vous serez probablement dirigé vers un commercial. Demander à parler à un technicien, ou, à défaut, essayer d'en avoir un, en conférence, pendant l'appel. Autrement, le commercial peut vous promettre n'importe quoi pour vous accrocher. Le technicien sera capable de répondre utilement aux questions suivantes. Si le commercial ou le technicien refusent d'accéder à votre demande, ou tournent autour du pot sur n'importe laquelle des ces questions, remerciez-les du temps qu'ils vous ont consacré et passez votre chemin. Ce n'est pas l'ISP que vous voulez. Bon, branchez votre modem, et allons-y.
Vous devez être satisfait, au moins pour les fonctionnalités de base, si vous vous êtes déjà connecté avec succès à votre ISP actuel. Cependant, si vous ne vous êtes connecté qu'avec des machines Windows, vous pouvez avoir, ou non, des problèmes pour vous connecter avec Linux. Voir la NOTE et la NOTE SPÉCIALE ci-dessous concernant les points spécifiques à NT.
Avant de faire quoi que ce soit, vous devrez obtenir les informations suivantes de votre ISP :
NOTE : Chaque ISP a ses propres particularités et ses procédures pour accéder à son service. Ce que je vais faire, dans ce document, c'est simplement de vous permettre de vous connecter physiquement et d'accéder à votre compte chez votre ISP. Il peut y avoir, ou pas, des étapes supplémentaires à réaliser pour disposer de toutes les fonctionnalités offertes par votre ISP.
NOTE SPÉCIALE : Selon mon avis, beaucoup d'ISP se fient imprudemment à une architecture NT pour les accès à distance. Ceci ajoute des étapes supplémentaires à votre configuration, la plupart spécifiques à Microsoft qui n'auraient pas été nécessaires autrement. Si votre ISP fait partie de ceux là, essayer d'avoir un technicien en ligne pendant que vous réalisez votre configuration. S'ils ne veulent ou ne peuvent pas apporter d'assistance technique pour les machines Unix et Linux, changez pour un qui le fasse. La facilité de configuration qui en résulte en vaut la peine, de même qu'avoir l'accès "shell" (interpréteur de commandes) sur le réseau de votre ISP vous permet de faire toutes sortes de choses décrites dans le paragraphe "astuces stupides de réseau" plus loin.
De toute façon, lisez mon paragraphe "tricherie" pour avoir quelques idées et astuces si votre ISP ne peut pas ou ne veut pas vous assister pour votre machine Linux.
L'adaptateur de bouclage est nécessaire pour le fonctionnement de la connexion réseau. En simplifiant beaucoup, chaque connexion au réseau, ou "interface" dans le langage Unix doit être "relié" physiquement comme logiquement à un adaptateur. L'adaptateur de bouclage réalise cette fonction en l'absence d'une interface réelle au réseau telle qu'une carte d'interface NIC (Network Interface Card).
Nous utiliserons l'adaptateur de bouclage à la fois pour les tests et pour "relier" la connexion réseau à votre ISP, faisant ainsi de votre modem l'interface réseau.
Slackware 3.5 :
Ceci a dû être fait à votre place lors de l'installation. Si ce n'est pas le cas, taper netcfg <Entrée>, et choisir 127.0.0.1 comme interface réseau.
RedHat 5.1 :
Ici aussi, cela a dû réalisé lors de l'installation. Si ce n'est pas le cas, lancer X et choisir les options Panneau de Contrôle/Configuration du réseau, puis en bas de la boîte de dialogue, choisir Ajouter et suivre les indications.
Slackware 3.5 :
La configuration des fonctions réseau de base est réalisée soit directement en éditant les fichiers de configuration eux-mêmes, soit en utilisant l'utilitaire netconfig, ou une combinaison des deux méthodes.
RedHat 5.1 :
La plupart des opérations de configuration de votre réseau peuvent être réalisées grâce aux options Panneau de Contrôle/Configuration du réseau indiquées ci-dessus, ou en utilisant l'utilitaire linuxconf présent sur les nouveaux systèmes RedHat. Vous trouverez cet utilitaire sous le répertoire Start/Programs/Administration/Linuxconf.
Fondamentalement, vous avez seulement besoin d'aller dans le répertoire /etc/hosts, et de choisir un nom de machine et nom de domaine pour votre machine. Je crois que darkstar ou quelque chose comme ça est le nom par défaut dans Slackware, et localhost dans RedHat. Le point important à retenir ici est de ne pas choisir un nom qui soit déjà sur internet, et d'utiliser le nom de domaine de votre ISP comme nom de domaine pour vous. Donc, si votre ISP est psi.net :
darkstar.psi.net
Au minimum, si vous n'êtes pas connecté à un LAN (réseau local), et que vous
ne vous connectez à votre ISP que par le réseau commuté, la seule entrée
indispensable dans votre fichier /etc/hosts est votre adaptateur de
bouclage.
Si vous avez suivi les instructions qui précèdent, et choisi l'ISP adapté, appelez-le et faites la configuration ensemble, car cela dépend de chaque ISP.
Si tel n'est pas le cas, poursuivez la lecture pour avoir des informations générales.
Le lien symbolique sur /dev/modem a dû être créé durant l'installation, sinon, créez le.
Pour commencer, vous vous connecterez manuellement en utilisant minicom pour voir ce que votre ISP réclame :
minicom <entrée>
Après qu'il ait ronchonné car vous l'avez lancé sans être root, entrez dans
le menu de configuration en tapant Alt+z, puis choisissez les options de
configuration adaptées. Lorsque c'est fini, enregistrez vos modifications en
indiquant que ces nouvelles options deviennent les options par défaut puis
sortez du programme.
Vous devez maintenant voir les caractères d'attente O.K. dans la fenêtre du terminal. Si ce n'est pas le cas, revenez en arrière et vérifiez votre configuration.
Maintenant appelez votre ISP :
ATDTle_numéro_de_téléphone_de_votre_ISP
par exemple :
ATDT0836061318<entrée>
Si tout va bien, vous devez obtenir une invite de connexion. Entrez votre nom
d'utilisateur que vous a communiqué votre ISP et appuyer sur la touche entrée.
Ensuite, on devrait vous demander votre mot de passe. Taper le mot de passe
que vous a fourni votre ISP.
Arrivé là, si tout s'est bien passé, vous devriez commencer à voir un paquet de caractères défiler sur votre écran. C'est une bonne chose. C'est le démon ppp à l'autre bout qui essaye de se connecter à votre machine.
Pour lui parler, nous devons commencer par fermer minicom SANS réinitialiser le modem. Puis nous allons devoir démarrer noter propre démon ppp. Je n'aime pas taper au clavier, aussi ai-je écrit un petit script pour lancer la connexion pppd :
pppd /dev/modem crtscts defaultroute
que l'on peut enregistrer à l'aide de l'éditeur de texte vi :
vi unicom.connect<entrée>
i (pour se mettre en insertion)
pppd /dev/modem crtscts defaultroute
(ou comme je le préfère /dev/cua1 pour COM2, au lieu de /dev/modem)
<Esc> (la touche <Esc> pour revenir en mode commande)
wq<entrée> (pour enregistrer le fichier et quitter vi)
Maintenant, il faut rendre le fichier exécutable (comme un fichier .EXE en DOS)
chmod +x unicom.connect
C'est bon ! Nous sommes maintenant prêts. Pendant que nous faisions cela, à
un moment donné, minicom devrait s'être déconnecté. Sinon, appuyer sur
Alt + z et, cette fois-ci RÉINITIALISEZ votre modem.
Allons-y :
RedHat 5.1 :
Si vous avez suivi les instructions qui précèdent, et choisi l'ISP adapté, appelez-le et faites le configuration ensemble, car cela dépend de chaque ISP.
Si tel n'est pas le cas, poursuivez la lecture pour avoir des informations générales.
Premièrement, si vous ne l'avez pas encore fait, vérifiez que vous savez à quelle interface votre modem est connecté. Vous avez besoin de connaître cette information. Si cela n'a pas déjà été fait, utilisez l'outil "modemtool" du panneau de contrôle pour créer un lien symbolique entre le port série où votre modem est connecté et /dev/modem. Autrement, à l'invite, vous pouvez entrer ce port directement dans la boîte de dialogue, comme indiqué ci-après.
D'une façon générale, le lien symbolique sur /dev/modem semble la manière de faire, et donc, je ne vois pas pourquoi je ne l'utiliserai pas. Cependant, dans tous les cas vous devez savoir à quel port COM il est connecté, au cas où vous auriez des problèmes, donc :
COM1: /dev/cua0 ou /dev/ttsy0
COM2: /dev/cua1 ou /dev/ttsy1
Etc.
Ce sera facile pour les utilisateurs de RedHat, à condition qu'ils n'aient pas besoin d'options de configuration particulières. Il faut simplement choisir
dans /Panneau de contrôle/Configuration Réseau/Interfaces l'option
Ajouter.
Choisir alors PPP comme type d'interface. Ensuite, entrez le numéro de
téléphone de votre ISP, votre nom d'utilisateur et votre mot de passe.
Si votre modem requiert une configuration spéciale, choisir Personnaliser dans la boîte de dialogue. Quand vous aurez fini, choisissez Sauvegarder et Quitter, puis activez l'interface, soit en mettant en surbrillance la ligne ppp0 dans le configurateur de réseau, ou sur les systèmes les plus récents, vous pouvez utiliser l'outil Usernet situé dans Démarrage/ Programmes/Réseau. Si tout va bien, vote modem doit grogner comme un cochon pendant un moment, se connecter, et cela devrait marcher !
C'est tout-à-fait simple. Nous avons simplement à dire à notre machine Linux de laisser le DNS de l'ISP résoudre les noms de machines (hostnames) pour nous. En premier lieu, si actuellement named (le démon), ou BIND (l'ensemble des programmes qui font que named fonctionne) tourne, allez dans le répertoire /etc et assurez-vous qu'il y a une ligne dans le fichier hosts.conf similaire à :
order hosts, bind
Maintenant, disons au résolveur (un petit copain magicien qui s'agite constamment dans les entrailles de la machine vérifiant que tout fonctionne), comment trouver le monde extérieur et comment lui parler.
D'une fenêtre terminal ou à l'invite d'attente de commande, aller dans le répertoire /etc fichier resolv.conf et ajoutez-y les noms des serveurs de noms de votre ISP en utilisant la syntaxe suivante :
nameserver <space> adresse IP du serveur de noms
par exemple :
nameserver 196.356.2.4
nameserver 196.356.2.5
NOTE : les machines DNS seront explorées dans l'ordre du fichier, donc, mettez la primaire de votre ISP en premier, la secondaire en second.
Pendant le processus de configuration vos programmes respectifs d'installation peuvent, ou pas, avoir ajouté des informations complémentaires dans ce fichier. Si c'est le cas, transformer les en commentaires en plaçant un signe dièse (#) en début de la ligne qui contient l'information.
Pour éviter une inondation de courriers électroniques à ce sujet, oui, je suis au courant qu'il y a là beaucoup de directives que l'on peut utiliser et beaucoup de choses concernant le DNS, telle qu'un serveur uniquement en mémoire que l'on peut employer pour améliorer les performances du résolveur, et, ces sujets seront traités dans un prochain article, donc, soyez patients
Sendmail, comme DNS, est un art en lui-même. Cependant, voici quelques suggestions générales :
Allez dans le répertoire /etc
Éditez sendmail.cf et cherchez des lignes qui ressemblent aux suivantes :
# "Smart" relay host (may be null)
DSvotre.isp.serveur_de_mail
Puis, celles-ci :
#who do I send unqualified names to (null means deliver locally)
DRvotre.isp.serveur_de_mail
Finalement, vous pouvez, ou non, utiliser la directive suivante - lire les
documentations :
#who do I masquerade as (I forget the rest of it, just look for the masquerade keyword.)
DMvotre.isp.nom_de.domaine
Du côté connexion, c'est en général une opération de type succès/échec. Soit vous êtes connecté, soit vous ne l'êtes pas. Consultez /var/log/messages pour obtenir quelques indices possibles de ce qui a pu mal se passer.
Si vous vous connectez, mais que vous ne pouvez rien faire, cela peut provenir d'une multitude de causes, mais voici quelques lignes de conduite générales pour diagnostiquer le problème.
Si vous avez des problèmes pour que sendmail récupère votre courrier et les nouvelles du monde extérieur, utilisez simplement Netscape pour accéder à votre courrier chez votre ISP. Si vous avez entré les informations correctes dans les boîtes de dialogue, Netscape possède sa propre interface pop3 et ne nécessite rien de plus.
ps uax |more
<Entrée>
et consulter la liste
affichée jusqu'à voir le démon
ppp qui tourne. Noter l'identificateur (ID) du process, PID du démon, et
taper la commande suivante :
kill -9 PID du démon
Connecter votre machine Linux à un réseau et en faire une Passerelle Internet pour vos autres machines !
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Copyright © 1998, Ron Jenkins - Publié dans le n°34 de la Linux Gazette.
Adaptation française de Albert-Paul Bouillot