Les disques durs et les partitions

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Linux






Ecrit par
François DUPOUX

 

Sommaire:


Haut1. Introduction

Il ne faut pas confondre les volumes (disque C, D, E, ...) avec les disques durs. Un disque dur physique peut contenir plusieurs volumes, représentés sous Windows par une lettre. Ces volumes sont appelés partitions. Ainsi, quand on voir la place restante sur le volume C, on ne connaît pas l'espace utilisé et libre sur le disque dur physique, mais sur la partition C. Un disque dur peut ne contenir qu'une seule partition. Sur le disque dur, une partie de l'espace peut n'être réservé à aucune partition. Dans ce cas, l'espace n'est pas utilisable.

Une disque dur peut contenir plusieurs partitions. Ceci comporte de nombreux avantages:

  • Pouvoir utiliser plusieurs systèmes d'exploitations sur la même machine. On crée alors par exemple une partition pour Linux, une autre pour Windows 98 et
    une autre pour windows NT.
  • Eviter de gaspiller l'espace: avec la FAT, surtout la FAT16, dès qu'une partition a une taille importante, une grande quantité de l'espace disque est perdu. Ainsi, sur une partition FAT16 de 2 Go, on peut perdre 40 % de l'espace. Dans ce cas, mieux vaut créer plusieurs partitions, comme par exemple 4 de 512 Mo, ce qui limite les pertes.
  • Pouvoir mieux organiser ses fichiers. Il est par exemple judicieux de créer une partition pour le système d'exploitation, une pour les applications, une autre pour les données, et une pour les sauvegardes.
  • Pouvoir utiliser plusieurs systèmes de fichiers. Vous pouvez par exemple créer une partition en FAT16 pour bénéficier de la compatibilité (ce système de fichiers est reconnu par tous les systèmes d'exploitations), une en format EXT2 (le format de partitions de Linux) pour y stocker les données sensibles et bénéficier de la fiabilité de Linux.


Nous allons étudier dans cet article l'organisation des partitions sur le disque, les limites, les secteurs boot d'amorçage, le MBR, etc...

Voici un schéma représentant l'exemple d'un disque dur partitionné avec Windows 95, Windows NT et Linux. Deux lecteurs logiques sont dans la partition étendue, un avec des données, et l'autre est une partition swap de Linux:

Schéma d'un disque dur avec Win95, WinNT et Linux

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Haut2. Partitions étendues et lecteurs logiques

Un disque sur peut avoir jusqu'à 4 partitions primaires. Ces partitions sont reconnues par le BIOS. Cette limite est très contraignante. Par exemple, comment fait-on pour pouvoir utiliser 10 partitions sur une seul disque ?

Pour détourner cette limite, imposée par l'architecture du PC, il existe des partitions étendues. Une partition étendue est une partition primaire parmi les quatre possibles, qui contient elle-même d'autres partitions. Ces partitions sont donc inclues dans la partition étendue. Ce ne sont donc pas des partitions primaires. On peut les considérer comme des partitions secondaires. On les appelle lecteurs logiques. Elles peuvent toutes avoir des caractéristiques différentes: tailles différentes, et systèmes de fichiers différents.

Exemple: Un PC dispose d'un disque dur physique de 3 Go. Il a d'abord une partition primaire de 1 Go au début, en format FAT16 où est installé le système Windows 95. Il a ensuite une partition étendue de 2 Go, dans laquelle sont stockées 4 partitions, chacune ayant une taille de 512 Mo. La partition principale avec Windows 95 a pour lettre C, les quatre autres partitions de 512 Mo sont respectivement D, E, F et G.

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Haut3. Systèmes d'exploitations

Chaque système d'exploitation a besoin d'une ou de plusieurs partitions pour être installé. Généralement, une seule partition suffit. Par exemple, Windows 95/98 peut être installé sur une partition FAT16 ou FAT32. Windows NT 4 peut être installé sur une partition FAT16 ou NTFS.

Les systèmes Windows (98/95/NT) ne peuvent reconnaître qu'une seule partition primaire sur le disque, et une partition étendue avec des lecteurs logiques. Si par exemple, vous avez deux partitions primaires formatées en FAT16, et une partition étendue avec des lecteurs logiques, Windows ne reconnaîtra pas la seconde partition primaire. Il reconnaîtra uniquement la première (où il est installé) et les lecteurs logiques de la partition étendue. Si vous désirez avoir plusieurs partitions primaires, vous serez obligé de les cacher, de manière à n'en avoir qu'une seule de disponible à chaque fois. Une partition peut être cachée ou affichée à l'aide d'utilitaires comme Partition Magic de Powerquest.


Windows ne peut être installé que sur une partition primaire. Il ne peut pas être installé sur un lecteur logique d'une partition étendue.

Le système Linux fonctionne différemment. D'abord, il utilise deux partitions, au lieu d'une. Sur la première, il y a le système lui même, et sur la seconde qui est généralement très petite (100 Mo environ) une zone de swap réservée pour la mémoire virtuelle (qui remplace la RAM quand il en manque). Par contre, Linux peut très bien être installé sur des lecteurs logiques de la partition étendue. Ainsi, vous pouvez avoir la partition principale de Linux qui est une partition primaire, et la partition swap qui est un lecteur logique. Il est aussi possible d'avoir les deux partitions sous forme de lecteurs logiques de la partition étendue.

La limite des quatre partitions primaires et une réelle limite dès qu'il s'agit d'installer plusieurs systèmes d'exploitations sur un même disque. En effet, si vous voulez par exemple avoir Windows 95, Windows 98 et Windows NT, chaque système aura besoin d'une partition primaire pour être installé. Il ne vous restera alors plus qu'une partition primaire de disponible pour faire une partition étendue par exemple. N'oubliez pas dans ce cas de cacher les deux partitions qui ne sont pas utilisées à chaque fois, pour ne laisser visibles que la partition primaire utilisée et la partition étendue. Ceci peut être fait automatiquement à l'aide de gestionnaires d'amorçage qui sont installés au démarrage de la machine, et qui vous laissent choisir le système à lancer. Notez que si vous avez deux disques durs, au total, vous pourrez utiliser 8 partitions primaires, ce qui repousse la limite.

Linux est moins gêné par cette limite, car il n'a pas besoin d'une partition primaire pour être installé, et peut se contenter de lecteurs logiques.

Notez aussi que certains gestionnaires d'amorçage, comme par exemple PQ Boot: celui qui est fourni avec Partition Magic, ont besoin d'une partition primaire qui leur soit réservée pour pouvoir fonctionner.

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Haut4. Propriétés des partitions

Une partition est caractérisée par plusieurs propriétés:

  • Si une partition est amorçable, cela signifie qu'elle contient un système d'exploitation et que sur son secteur boot peut être exécuté pour démarrer le système. Normalement, l'utilisateur ne doit pas modifier cette propriété.
  • Une partition peut être visible ou cachée. Une partition cachée ne sera pas vue par le système d'exploitation exécuté. Cacher une partition peut servir à avoir plusieurs systèmes sur le même PC. A ce moment, seule une partition, celle du système qu'on souhaite utiliser est visible, et plus de la partition étendue, les autres partitions primaires étant cachées.
  • Une partition parmi les quatre partitions primaires peut être activée. La partition active est celle qui contient le système d'exploitation qui sera démarré par le système d'amorçage du MBR si c'est le système par défaut (pas system commander ou LILO).
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Haut5. Le MBR (Master Boot Record)

Les premiers secteurs du disque physique sont occupés par le MBR (Master Boot Record). C'est une zone qui se situe avant la première partition physique, et qui est généralement très petite (quelques Ko seulement). Cette zone a un rôle vital pour le disque dur. Elle est partagée en deux parties:

1) La Table des Partitions

Ce sont des données. C'est là que sont enregistrées les informations concernant les quatre partitions primaires: emplacement, taille, propriétés (cachée, amorçable). Si on efface ces données, le PC ne sait plus où sont situées les quatre partitions, et toutes les données sont donc perdues, bien que les données elles même n'aient pas été effacées. C'est de cette table des partitions que vient la limite des 4 partitions primaires possibles.

2) Le système d'amorçage

C'est un programme exécuté par le BIOS au démarrage du PC qui a pour rôle de lancer le système d'exploitation du PC. Pour cela, le programme stocké dans le MBR exécute en réalité le secteur boot de la partition principale où est installé le système d'exploitation à démarrer.

Parfois, sur cette zone, des programmes autres que celui par défaut sont installés. C'est par exemple le cas de LILO (Linux Loader) et de System Commander. Ces programmes laissent à l'utilisateur le choix du système à démarrer. Il se peut que ces programmes soient trop volumineux pour être entièrement copié dans le MBR, comme c'est le cas pour System Commander. Dans ce cas, le MBR peut démarrer le gestionnaire qui est alors stocké sur une partition primaire sous forme de fichiers. (SYSCOM.SYS pour system commander). Il est alors nécessaire que la partition soit accessible.

Si jamais vous voulez réinstaller le système par défaut dans le MBR, vous devez taper la commande FDISK /MBR sous DOS. Ceci remettra le système d'amorçage par défaut, sans pour autant effacer la table des partitions. Ceci sert par exemple à désactiver un gestionnaire d'amorçage comme LILO du MBR, où à supprimer un virus qui est situé dans le programme d'amorçage du MBR.


Le système d'amorçage par défaut, celui qui est réinstallé quand on tape FDISK /MBR, a pour rôle d'exécuter le secteur boot de la partition ACTIVE. (Voir propriétés d'une partition).

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Haut6. Secteur boot d'une partition

Chaque partition contient un secteur de boot sur ses premiers secteurs. Le secteur de boot est à la partition, ce que le MBR est au disque dur: Elle contient deux parties:

  • Des données qui indiquent les propriétés de la partition, comme par exemple le nom de volume, ou le système de fichiers.
  • Un programme d'amorçage qui démarre le système d'exploitation. Si la partition contient un système d'exploitation, le programme stocké sur le secteur de boot sert à le démarrer. Le secteur de boot doit être exécuté par le programme du MBR. Si la partition n'est pas amorçable, elle contient généralement un programme qui affiche un message d'erreur comme "Pas de système d'exploitation", au cas où cette partition serait exécutée.
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